5 conseils pour améliorer la productivité de son potager

Si avoir un potager présente de nombreux avantages, il est parfois désagréable de voir le peu de récoltes obtenues en face de l’investissement pécuniaire et personnel. Manger ses propres légumes, neutres pour le climat et savoureux, est un des doux plaisirs du potager. Regarder les plantes croitre et créer des petits bijoux savoureux en est un autre. Pour autant, selon la nature de son sol et notre temps disponible, nous ne sommes pas tous égaux devant la tâche potagère ! 5 petites astuces, tirées de la philosophie des sols vivants et de la logique permaculturelle, vous permettront de passer un gouffre ! Nous les avons testées, à divers degrés… A vous de les tester !

1/ Incorporez du compost à la terre

Vous le savez peut-être, la terre est composée de matières organiques et de matières minérales. La roche-mère a été décomposée et mélangée à la décomposition des plantes depuis des milliers d’années pour créer un sol pouvant faire de quelques centimètres à plusieurs dizaines de centimètres. L’humus des forêts est un exemple de la richesse d’un sol en décomposition. Ce mélange de matières minérales et de matières organiques carbonées et azotées est effectué par la faune du sol : champignons, insectes, cloportes, vers de terre… C’est dans ce mélange, le sol, que les plantes vont venir puiser, s’alimenter, pour se nourrir et accomplir leur croissance et leur multiplication. Nos anciens considéraient qu’une bonne terre était une terre noire, donc riche en matière organique. C’est en grande partie vrai, même si le sol doit avoir le temps de digérer la matière organique. Alors, pour avoir de bon légumes, incorporez-y chaque année un bon sac de compost pour 2 ou 3 m². Si le compost de votre jardin sera idéal, vous pouvez aussi l’acheter auprès de votre intercommunalité. On en trouve dans toutes les grandes villes à prix très attractif (2 à 3 € le sac de 50 litres ici).

2/ Paillez, paillez, paillez

Afin de maintenir la vie du sol et surtout limiter les arrosages, le paillage des sols s’est imposé récemment. Sauf pour certaines plantes qui ne survivraient pas au paillage (salades, carottes, certains fruitiers), le paillage va transformer votre jardin en une jungle fertile ! En se décomposant, le paillage, à long terme, va aussi enrichir votre sol. Mais attention, pour ce faire, votre paillage doit être diversifié. Il devra donc, tout comme un bon compost, avoir un équilibre entre matières carbonées (pailles, bois, feuilles sèches) et matières azotées (tonte, feuilles, orties…). On considère que l’azote donne du peps aux plantes. L’absence d’azote dans le paillage pourrait ainsi appauvrir le sol et créer une « faim d’azote »…

Surtout, n’investissez pas dans des sacs de paillage en jardinerie. Avec le paillage, on cherche aussi à réaliser des économies (en arrosage notamment). Voici les meilleurs paillages à coût zéro ou presque : la paille achetée auprès d’un agriculteur, l’herbe de tonte (je la fais sécher au soleil, ça fait de la paille, qui ne pourri pas), des branchages (coupés au sécateur, à la tondeuse ou au broyeur), du fumier de vache ou de cheval récupéré chez des agriculteurs ou dans un poney-club…

3/ Arrosez

On a beau avoir un sol riche et paillé, en été, quand la température dépasse 30° plusieurs jours de suite, les sols sèchent. Sauf contexte particulier (au nord de la Loire ou en régions orageuses), l’arrosage du jardin est quasi obligatoire. Si vous savez observer les plantes, vous saurez quand arroser, sans abuser du réseau d’eau potable. Installer une ou plusieurs cuves de 1m3 au jardin, relié aux gouttières, vous permettra d’être quasi autonome en eau (sauf en climat méditerranéen).

4/ incorporez de l’urine à votre arrosage

Cette pratique est révolutionnaire ! Pour apporter de l’azote au jardin, il y a plusieurs options : acheter un engrais azoté (naturel ou chimique), pailler avec des orties ou de la consoude, faire divers purins, utiliser les excréments de poules… ou incorporer de l’urine toutes les 6 semaines à vos arrosages. Extrêmement azotés et étonnamment peu toxiques, surtout si vous mangez sain et sans médicaments, l’urine est l’or jaune du potagiste. Autre avantage : ça vous fera économiser de l’eau de chasse d’eau et valorisera vos déchets directement au jardin. La dose prescrite est de 50 cl pour un arrosoir de 50 litres. Personnellement, j’arrose le sol à l’eau de sorte qu’il soit suffisamment humide. Puis j’épande ensuite un arrosoir azoté. Le résultat l’an passé a dépassé nos attentes ! Un livre complet passionnant et très documenté est consacré au sujet (voir la vidéo de son auteur ci-dessous).

5/ Cessez de retourner la terre

Dernier conseil, mais à prendre avec des pincettes : cessez de retourner votre sol ! Loin de nous l’idée de vous dire que le sol idéal ne doit pas être touché. Certains le pensent : si la vie du sol y est développée, un sol vivant devrait être assez aéré pour ne pas avoir besoin d’être aéré. Peut-être… Dans notre démarche, nous vous proposons de ranger votre bêche au garage (et votre lombalgie avec). Investissez en échange dans une fourche écologique ou une grelinette. Cette dernière aura pour utilité d’aérer le sol et non de le retourner. Le retournage est considéré comme néfaste à la vie du sol, et donc à la valeur nutritive de votre sol. Pourquoi mettre autant d’effort pour enterrer la matière organique et dégrader votre sol si un simple émiéttage fonctionne parfaitement. Bien entendu, cette opération abime la vie du sol également… mais ça reste un potager, pas un vivarium non ?

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